Je découvre la joie que la photographie me fait vivre et j’en veux plus. Mon appareil éveille ma capacité d’observation à tous les niveaux. Les merveilles que mon regard déniche dans un contexte banal me fascinent, comme des gouttes de pluie prisonnières d’une moustiquaire :

Je veux couvrir mes murs de mes coups de cœur, les afficher partout pour qu’ils me rappellent que mes yeux savent voir la beauté du monde quand mes pensées s’égarent. La photo me fait du bien et j’ai envie de voir jusqu’où ma créativité peut me conduire. Sur cette route, je sors de ma zone de confort. Je prépare ma toute première exposition! Le mouvement et les couleurs vives m’attirent. Je m’amuse à sortir et à ramener le zoom pour voir apparaître des tourbillons et des traînées qui évoquent la danse de la vie :

Pour me guider, je regarde les œuvres d’autres photographes. Souvent, mon esprit vacille entre l’émerveillement, l’envie, le découragement et la comparaison… Parfois, je me sens diminuée par la splendeur de leurs photos. Suis-je à la hauteur? Est-ce que mes photos méritent d’être exposées? Ne serai-je pas mieux de rester une simple spectatrice sans prétention?

Avant que ce questionnement s’amplifie et me convainc d’abandonner, j’ai pris conscience de l’importance d’être spectatrice. Je suis indispensable à la création de l’artiste. S’il n’y avait personne pour admirer ses œuvres, pourquoi les créerait-il? L’artiste souhaite exprimer une vision et, pour y arriver, il a besoin d’être vu. Sans mes yeux, la portée de ses créations est extrêmement limitée. Grâce à ma présence, ses créations peuvent voyager dans mon esprit pour y déposer des inspirations et des réflexions porteuses de renouveau.

Pour l’artiste, mon appréciation d’une création qu’il a imaginée, travaillée, peaufinée et offerte avec tout son cœur et ma reconnaissance du courage dont il fait preuve en exposant sa sensibilité sont un cadeau précieux. De plus, en focalisant mon attention sur l’œuvre, j’entre dans un espace où se produit un échange essentiel à la créativité, celle de l’artiste et la mienne. En donnant mon attention à une œuvre, je reçois de l’inspiration qui se manifestera dans mes propres créations. Ainsi, je progresserai dans l’exploration de ma créativité.

Quand je me sens comme une imposteur parmi les grands, je dirige mes pensées vers tout ce que je peux offrir et recevoir en tant que spectatrice. Sur le mur de mon exposition, il y aura une partie de moi et de tous les artistes pour qui j’ai été spectatrice. Toute œuvre est en réalité une mosaïque où l’on trouve un morceau du cœur de chacun.

© Isabelle Parisella 2018
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Isabelle Parisella
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