Que notre mère soit présente ou absente, nous avons tous une raison de célébrer à la fête des Mères. Voici la mienne.

Sans avertissement, sans au revoir, sans dernier câlin, ma mère est décédée subitement à l’âge de 41 ans. C’était l’hiver, elle pelletait un chemin dans la cour arrière de notre maison. L’anévrisme cérébral qui squattait sa nuque s’est rompu et s’elle écroulée dans la neige, laissant dans le deuil sa petite fille de 10 ans.

Ce départ brutal a chamboulé mon monde intérieur et ma perception de la vie. Très jeune, j’ai senti que quelque chose m’échappe, quelque chose est à l’œuvre à mon insu, quelque chose d’insaisissable que je ne peux contrôler, que ma douleur ne peut attendrir, que mes larmes ne peuvent retenir et que mes sourires ne peuvent séduire. La vie suit son cours, peu importe si je suis d’accord ou non. La vie semble me jouer dans le dos…

Devant ce décès inattendu et improbable, j’ai développé une tendance à la fatalité qui a fait naître des sentiments d’impuissance et de découragement. À quoi bon, si je ne contrôle rien, si je suis à la merci de situations qui me crèvent le cœur sans que je puisse changer quoi que ce soit? La vie semble me réserver de mauvaises surprises…

J’ai longtemps vécu en cherchant la protection, le confort et la sécurité. Cependant, les déceptions et les insatisfactions récurrentes me montraient les limites d’une existence vécue dans ce cadre. Heureusement, la vie suit son cours que je le veule ou non… Des livres, des rencontres, des voyages, des chansons m’ont permis de reconnaître ce qui m’anime et les intérêts que je souhaite explorer. Tranquillement, j’ai orienté ma vie sur ce qui me fait vibrer. Depuis, je n’ai plus d’autres choix que de suivre ma joie, parce que la vie suit son cours avec ou sans mon consentement… La joie que je ressens et la seule chose qui m’appartient et qu’on ne peut m’enlever. La vie, c’est moi. À ma grande surprise, mon envie de créer a écrasé la peur d’un imprévu malheureux. L’enthousiasme et l’émerveillement que suscitent mes rêves m’ont réconciliée avec l’impermanence et l’imprévisibilité de la vie et font qu’elle vaut la peine d’être vécue malgré tout. Ma crainte de ne pas avoir le temps de réaliser tous mes projets a surpassé ma peur d’échouer. Le temps file et la vie peut s’arrêter en une fraction de seconde, j’en sais quelque chose!

Maman, le chemin funeste que tu as pelleté, un dimanche de l’hiver 1991, a longtemps été une faille profonde dans mon être. Quand la femme de 37 ans que je suis aujourd’hui revisite cet événement, elle voit une voie que tu as tracée dans son cœur. Cette voie qui mène à la partie de mon être qui ressent la vie et qui l’exprime selon sa couleur unique, comme une offrande au monde. Merci de m’avoir donné la vie!

Une grande dame à connaître

Je vous présente Myriam Keyzer, une personne qui m’inspire beaucoup sur mon chemin de conscience. Ses vidéos, ses livres et sa présence me donnent les outils pour m’accompagner moi-même dans les moments difficiles de la vie. C’est une femme d’une grande sagesse et d’une immense générosité qui nous parle de son parcours et nous partage ce qui l’a aidée à traverser des périodes extrêmement noires de sa vie. Voici son site Web où vous pourrez apprendre à devenir une présence bienveillante pour vous-mêmes : http://www.porteurdeflambeau.com Merci Myriam!