Écrire sur la mort c’est réfléchir à la vie. Cette vie qui est la nôtre, cette vie qui a une date d’expiration, cette vie qui est belle. La vie est un voyage dont la destination est la mort. C’est d’ailleurs probablement un des rares voyages, sinon le seul, ou nous ne cherchons pas à arriver à destination mais bien à rester sur la route.  La route est parfois longue, parfois courte. Mais la route est belle.

Se rapprocher de la mort, c’est d’une certaine façon, se rapprocher de la vie. Prendre conscience de notre mortalité, c’est prendre conscience de notre vie. Nous en avons qu’une…comment voulons-nous la vivre? La vieillesse, je crois, nous apporte cette sagesse. Elle nous fait réaliser que nous avons une date d’expiration. Elle nous donne envie de donner un sens à notre vie. Peut-être que vieillir c’est apprendre à mourir? Apprendre à laisser certaines choses derrière nous, apprendre à accepter que tout a une fin. Honnêtement, moi, j’aimerais que rien ne s’arrête, que le mot fin n’existe pas. Je ne suis pas bien sage me direz-vous. Effectivement. J’imagine que la vieillesse m’apprendra, qu’elle me guidera peu à peu à accepter cette finalité, cette fatalité. Ou peut-être qu’elle me guide déjà, non pas à accepter la mort mais à accepter la vie. J’aime la vie, je la trouve belle. La trouverais-je aussi belle si je savais qu’elle était éternelle, si je la prenais pour acquis. Si je me fie à comment on vit, je ne crois pas. Tout ce qui est pris pour acquis est victime de notre négligence, de notre insouciance oude notre ignorance. C’est peut-être pour ça que notre vie a une fin, pour qu’on en prenne soin.

Vivre c’est vieillir et vieillir c’est vivre. Chaque jour nous sommes un peu plus vieux qu’hier. Chaque jour est une occasion de célébrer la vie, parce que si on est plus vieux aujourd’hui c’est parce qu’on a vécu hier. Pourtant, c’est la jeunesse qui est célébré, pas la vieillesse…probablement parce que lorsqu’on est jeune on a tout devant tandis que lorsqu’on est vieux on a tout derrière. Et ça fou les jetons de savoir que tout est derrière et qu’on arrive bientôt au bout de la route. Et ça fou encore plus les jetons de savoir qu’on arrive au bout de la route et que trop souvent on se fera abandonner rendu à cette partie-là du voyage. On se construit toute une vie, on fait un beau voyage, de belles rencontres…on fait des enfants et on donne tout; notre amour, notre temps, TOUT. Puis au bout du chemin, on se retrouve seul. Avons-nous réellement peur de la mort et de la vieillesse ou avons-nous peur de ce qu’elles représentent dans nos sociétés? L’abandon, la solitude…

Moi j’ai peur des deux. J’ai beau être consciente que la mort fait partie de la vie, mais je ne parviens pas à l’accepter. Je veux vivre éternellement. Je veux être aux côtés de mon bébé pour l’éternité. Peut-être que la vieillesse m’apportera un jour cette sagesse d’accepter l’inaceptable.