J’entre dans le marché Bonsecours. Je regarde les premières photos de la célèbre exposition World Press Photo. Je me sens mal, je suis assommée par la violence, j’ai les larmes aux yeux, j’ai des serrements dans le ventre, j’étouffe, je ne me sens pas bien. Après vingt minutes, je deviens de plus en plus étourdie. Je dois sortir!

Dehors, je respire enfin. Cependant, une pensée s’amène : « Bravo, Isa. Des années de lecture, de méditation et de yoga et tu n’es pas capable de voir des fillettes sanglées d’explosifs aller se faire sauter dans un village! Continue ton beau travail hein, ça semble utile ce que tu fais! »

Une autre pensée arrive : « Pourquoi n’es-tu pas capable de voir des enfants au visage brûlé obligés de porter des masques?! Réveille-toi, Isa! Une chance qu’il y a des gens plus solides que toi sur cette planète… Quand pourras-tu affronter la réalité? »

J’ai mis des années à apprivoiser les pensées de jugement envers moi-même. J’ai appris que je n’ai pas de temps à perdre à trouver des réponses aux questions qu’elles soulèvent. Les réponses sont dans mes tripes, et non dans ma tête. Elles sont les serrements dans mon ventre, les étourdissements, les larmes et le sentiment d’impuissance et de culpabilité qui me gagne. Tous ces éléments indiquent que je suis sous l’emprise d’une émotion, que ma perception se brouille et que je perds mes moyens de contribuer. Je ne peux juger l’expérience des autres devant ces images. Je ne peux que prendre conscience de mon expérience et voir ce que ces images font grandir en moi. En observant mon ressenti désagréable, je peux choisir de rediriger mon attention sur ce qui me met en contact avec ma joie, mon seul guide vers ma façon de contribuer à ce monde. Lorsque des pensées de culpabilité sèment le doute quant au chemin à suivre qui semble trop beau et trop facile pour être le bon, je me pose les questions suivantes :

Comment puis-je amener de la paix dans le monde si je suis habitée par un sentiment d’impuissance et de colère?

Comment puis-je contribuer à l’épanouissement des femmes si je suis accablée par la douleur face à ce qu’elles vivent?

Comment puis-je amener du réconfort aux enfants si je suis terrassée par le chagrin?

Comment puis-je entretenir la clarté de mon esprit en le polluant par des images qui le remplissent d’indignation?

Pour ma part, je donne le meilleur de moi-même quand je suis sereine, que mon esprit est clair et que je ressens de la joie. Quand une pensée me dit que je nie la réalité et que je vis au pays des licornes et des arcs-en-ciel, je lui réponds que je préfère ne pas porter mon attention sur une réalité qu’on me présente pour renforcer mon pouvoir de créer une nouvelle réalité.

Nous sommes responsables de nos pensées et nous savons aujourd’hui à quel point elles influencent nos vies. Souvent, nous l’oublions, préférant nous sentir victimes du monde et de nos émotions. Restons maîtres chez nous et soyons conscients de ce que les images suscitent en nous et choisissons les influences qui contribuent à notre bien-être. Ce choix demande une vigilance, car aux pensées « Qui sommes-nous pour choisir la joie? » ou « Pour qui nous prenons-nous de ne pas regarder la souffrance? », nous avons avantage à répondre « Nous sommes le monde. Si nous sommes joyeux, il sera joyeux ».

Parlant d’images de bien-être

Je vous présente Magalune. Une artiste photographe qui s’exprime par ce qu’elle appelle la « photo avec intention ». Elle a déjà exposé ses photos à Yoga Salamandre et je vous invite à visiter son site Web et à découvrir son univers. C’est l’endroit idéal pour décorer notre environnement en conscience avec des images imprégnées d’une intention positive ou offrir une carte de vœux personnalisée porteuse d’un message inspirant. www.magalune.com 

© Isabelle Parisella 2018
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Isabelle Parisella
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