Se dire… C’est le thème que nous avons exploré lors de notre troisième journée de formation de la Comm. au galop. Me dire… Ouf! pas facile! D’ailleurs, c’est pour me mettre au défi que je me lance dans l’écriture de cet article. Pourtant, ceux qui me côtoient pourraient vous le dire, j’adore parler de moi! Je peux passer des heures à vous raconter ce que j’ai vécu, ce que j’ai fait, où la vie m’a amenée… Mais voilà, se dire n’est pas synonyme de raconter sa vie! Se dire, c’est exprimer haut et fort non pas seulement ce que l’on pense mais ce que l’on ressent.

Je m’attendais à ce que me dire ne soit pas chose facile. La première rencontre m’avait bien fait voir combien je ne suis pas habile à nommer mes émotions. Puis à la deuxième rencontre, j’ai pu constater que je ne suis pas souvent à l’écoute de moi-même, de mon ressenti. 

C’est tout de même avec courage et curiosité que je me suis lancée dans le premier exercice proposé, dans l’écurie. Après tout, Violaine et Martin savent créer une atmosphère et mettre en place les conditions pour que je me sente en sécurité et jamais jugée. J’ai donc essayé, pendant cinq minutes, de me dire à cette autre participante qui m’offrait une écoute passive empreinte de chaleur et de bienveillance. C’était difficile! Je ne savais pas quoi dire. Et j’étais jalouse des autres personnes qui elles, devaient ‘se dire’ à un cheval. J’imaginais que ce devrait être beaucoup plus facile de se dire à une bête qui ne peut comprendre les mots et donc, ne peut me juger. Voilà donc comment j’ai découvert un premier obstacle majeur à ma capacité de me dire: la peur d’être jugée.

Tout de suite après, j’ai pu voir que je n’avais pas bien compris le but de l’exercice. En effet, alors que c’était à mon tour de me dire au cheval, je n’ai pas trouvé que c’était beaucoup plus facile. C’est que pour ‘se dire’, il faut s’exprimer haut et fort. Ainsi, les autres participants et les animateurs pouvaient entendre ce que je disais. Et j’étais continuellement préoccupée par l’impact que pourrait avoir ce que j’allais dire : ‘’Ceci est trop intime… Je ne peux pas parler sans arrêt alors que la personne à côté ne parle pas de façon fluide – ça va la bloquer encore plus…’’ Enfin, je n’ai pas vraiment réussi à sortir de mon mental pour pouvoir laisser parler mon coeur.

Ceci m’a donc laissée sur ma faim… C’est que lorsque Martin nous a guidés entre les deux parties de l’exercice, en nous donnant des exemples de phrases débutant par ‘Je suis…’, j’en ai eu les larmes aux yeux. J’ai été émue à l’idée que je pourrais, par cet exercice, enfin mieux me connaître. Plonger profondément en moi-même pour enfin voir qui JE SUIS. J’ai réalisé qu’au fond, je ne suis pas certaine de vraiment le savoir. C’est pourquoi je me promets donc de répéter l’exercice, que ce soit seule avec moi-même; devant mon chat (faute de cheval); ou avec mon conjoint.

Parlant de mon conjoint, je suis vraiment choyée de l’avoir! Bien qu’il ne participe pas à la formation, il est curieux et nous ne manquons pas, suite à chaque cours, d’avoir de bons échanges sur ce que j’ai vécu. C’est lui qui m’a fait remarquer que quand je suis passionnée par un sujet, quand mon intellect s’emballe et s’emporte, j’ai un regard mordant! Et là, j’ai compris…

À la fin de l’exercice où je me suis adressée au cheval pendant dix minutes, celui-ci a tenté encore et encore de me mordre. Je n’étais pas trop effrayée (puisque je n’avais qu’à me reculer d’un pas pour que, de son box, il ne m’atteigne pas) et je continuais de lui parler. Est-ce que par ce geste il me reflétait mon propre regard mordant? Celui qui est signe que c’est mon mental qui s’exprime et non pas mon coeur? 

Peut-être alors que la sensibilité des chevaux est vraiment un atout inestimable, que j’avais sous-estimé, dans ce processus entrepris d’améliorer la qualité de ma communication. Et peut-être que le résultat de l’exercice ne sera pas le même avec mon chat…

Micheline Girard